De se battre à 120 battements par minute le chœur a continué

14 July 2018 / By Sébastien
Fort de son succès à Cannes puis aux Césars, impossible d’être passé à côté du dernier film de Robin Campillo. Un film choral, qui nous replonge dans les années 90 pour nous faire revivre les batailles d’Act up.

De nerfs et de sang…. c’est un peu le quotidien des séropositifs dans le contexte societal des années 90 avant l’arrivée des trithérapies en 96…. un parcours du combattant, plein d’embuches, où l’AZT existait comme seul traitement, autant dire que les jours étaient comptés. Une horloge quotidienne, au dessus de nos têtes avec l’incertitude de se réveiller le lendemain .Une guerre pas toujours comprise mais nécessaire. Les méthodes d’Act up étaient souvent décriées, mais le combat perpétuel, était l’une des armes les plus efficaces pour faire bouger les lignes sur l’échiquier politique et pharmaceutique. Les militants à l’époque n’ont pas donné uniquement de la voix mais aussi du corps leur combat était totalement incarné, comme par exemple à travers les actions coups de poing dans les laboratoires pharmaceutiques, où les vitres des open Space se teintaient de la couleur pourpre du sang.

Un parallèle avec la révolution industrielle résonne avec justesse lorsque l’action des militants nous replongent dans un champ de bataille où les corps semblent inertes, sous des pancartes sur les Champs Elysées, une imagerie qui plante le décor pour ne pas nous faire oublier que le Sida tue des gens tous les jours. Une scène poignante. (photo scène réelle de l’action d’ Act up)

120 bpm, c’est l’histoire d’un groupe d’activistes engagés avec impétuosité dans un combat sans relâche. Une vie dédiée à délier les cordes pendues autour d’un monde opaque dans lequel leurs échappatoires sont se délivrer en oubliant les soucis sur les dance-floor et l’amour. Une respiration nécessaire, lorsque le quotidien des membres séropositifs de l’association est rythmé par les affres de la maladie, en témoigne l’idylle entre Sean et Nathan.

Après avoir séduit la France, 120 bpm continue son chemin dans d’autres pays, un film qui ne nous laisse pas sans émotions. Un focus nécessaire, sur la maladie dans les années 90. Un hommage à toutes les personnes qui sont parties à cause de cette maladie. Les combats d’Act up et des autres associations ont permis de faire bouger les lignes, avoir plus de transparence sur l’évolution des thérapies. Mais le combat n’est pas terminé.

Sébastien
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